L'essentiel en résumé
- Le décès du titulaire entraîne la clôture du plan, sauf si le PEL a moins de 10 ans et que son plafond de 61 200 euros n'est pas atteint.
- Un héritier peut reprendre un PEL non échu avec l'accord unanime des cohéritiers en maintenant un versement minimal de 540 euros par an.
- L'héritier qui reprend le plan bénéficie d'une dérogation légale lui autorisant le cumul exceptionnel de deux PEL.
- Si le contrat a plus de 10 ans au jour du décès, la banque procède obligatoirement à sa clôture définitive.
- Les héritiers disposent d'un délai d'un an à compter de la clôture pour faire valoir les droits à prêt immobilier.
- Le capital et les intérêts entrent dans l'actif successoral taxable, tandis que la valeur des droits à prêt échappe aux droits de succession.
Lors du règlement d’une succession, le sort des produits bancaires soulève fréquemment des interrogations complexes, en particulier pour le plan épargne logement (PEL). Contrairement aux comptes courants ou aux livrets ordinaires dont le solde est simplement versé aux ayants droit, la question de savoir ce que devient un PEL après un décès dépend de l’âge du contrat, de l’accord des héritiers et de la volonté du défunt. Nous examinons en détail le fonctionnement du plan épargne logement dans une succession, les règles de reprise, la transmission testamentaire et les démarches bancaires à accomplir.
Dans la plupart des situations, le décès de l’épargnant entraîne la clôture automatique du plan par l’établissement bancaire. Toutefois, selon la date d’ouverture et l’avancement du contrat, les héritiers peuvent choisir entre une clôture définitive avec versement des fonds ou une reprise intégrale des engagements souscrits, conformément aux règles du fonctionnement du PEL.
PEL non échu ou PEL arrivé à terme : deux situations juridiques distinctes
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Un PEL de moins de 10 ans peut être repris par un héritier avec l’accord unanime des cohéritiers, à condition de poursuivre les versements obligatoires d’au moins 540 euros par an.

Le PEL non échu (moins de 10 ans et plafond non atteint)
Lorsque le décès intervient avant le terme contractuel du contrat, le plan d’épargne logement n’est pas obligatoirement résilié. Si le PEL a moins de 10 ans et que son plafond réglementaire de versement (61 200 euros) n’est pas atteint, un héritier a la possibilité de reprendre le contrat à son nom.
Cette reprise suppose le respect de plusieurs conditions strictes :
- L’accord unanime et écrit de l’ensemble des cohéritiers est obligatoire pour attribuer le plan à un seul bénéficiaire.
- Le repreneur doit s’engager formellement à reprendre l’ensemble des clauses contractuelles sans aucune modification, notamment le versement obligatoire d’un montant minimal annuel (540 euros par an).
- L’héritier bénéficie d’une règle dérogatoire au principe d’unicité : il est exceptionnellement autorisé à cumuler son propre PEL avec celui dont il hérite.
- Le repreneur doit indemniser les autres cohéritiers de leur quote-part sur les sommes présentes au jour du décès, par le jeu d’une soulte lors du partage de la succession.
Si aucun héritier ne souhaite reprendre les versements et les engagements du défunt, ou en cas de désaccord entre les ayants droit, le PEL est alors résilié par la banque et les capitaux sont reversés dans l’actif successoral.
Le PEL arrivé à terme (plus de 10 ans)

Le capital accumulé ainsi que les intérêts échus sont alors liquidés puis intégrés dans la masse successorale globale pour être répartis entre les héritiers selon les règles de dévolution successorale.
Clôture du PEL : sort des intérêts, droits à prêt et prime d’État
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En cas de clôture du contrat, les héritiers disposent d’un délai légal d’un an pour mobiliser les droits à prêt épargne logement issus du plan.
Lorsque le plan est résilié suite au décès, la liquidation des droits financiers suit des modalités précises :
| Élément du PEL | Sort lors du décès du titulaire |
|---|---|
| Capital et intérêts acquis | Ils intègrent immédiatement la masse successorale à partager entre les héritiers. |
| Droits à prêt épargne logement | Ils peuvent être transmis à un héritier unique (ou partagés d’un commun accord) pour réaliser un prêt immobilier. |
| Délai d’utilisation du prêt | Les héritiers disposent d’un délai légal d’un an à compter de la clôture pour faire valoir ces droits auprès de la banque. |
| Prime d’État | Elle n’est versée que si les héritiers sollicitent effectivement un prêt épargne logement, selon la réglementation applicable à la génération du PEL. |
Notons également que si les héritiers ne souhaitent pas conserver les contraintes du PEL mais souhaitent préserver des droits d’emprunt plus souples, ils peuvent s’accorder pour demander la transformation du PEL en compte épargne logement (CEL), sous réserve de l’accord unanime de tous les cohéritiers.
Transmission du PEL par testament et legs : quelles sont les règles ?
La transmission du PEL par testament permet au titulaire de désigner expressément l’héritier qui recevra le contrat ou son solde. Cette démarche testamentaire, rédigée devant notaire ou sous seing privé, facilite grandement la transmission en évitant les blocages au moment de recueillir l’accord des indivisaires.
Toutefois, la transmission testamentaire reste encadrée par la loi successorale française :
- Le legs d’un PEL ne peut pas porter atteinte à la réserve héréditaire des héritiers réservataires (enfants du défunt ou conjoint survivant en l’absence d’enfants).
- Si la valeur du plan dépasse la quotité disponible du défunt, le légataire devra verser une indemnité de réduction aux autres héritiers.
- Pour qu’un legs permette la reprise effective du plan sans clôture, le PEL doit impérativement remplir les critères d’un plan non échu (moins de 10 ans et versements possibles). Si le plan est échu, le legs ne portera que sur les liquidités issues de sa clôture.
Fiscalité et droits de succession sur le PEL
Le capital et les intérêts capitalisés intègrent l’actif net successoral soumis aux droits de mutation, mais les droits à prêt et la prime d’État en sont exclus.
Le traitement fiscal du plan d’épargne logement lors d’un décès combine les règles des droits de succession et la fiscalité propre aux produits d’épargne bancaire.
L’intégralité du capital et des intérêts capitalisés au jour du décès entre dans l’actif net successoral soumis aux droits de succession. Les droits à payer sont ensuite calculés selon le degré de parenté entre le défunt et chaque héritier, après application des abattements légaux en vigueur (par exemple 100 000 euros par enfant ou exonération totale pour le conjoint survivant marié ou pacsé).
En revanche, la valeur des droits à prêt et de la prime d’État éventuelle n’entre pas dans l’assiette des droits de succession. Concernant l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux (17,2 %) :
- Les prélèvements sociaux sur les intérêts courus jusqu’à la date du décès sont prélevés par la banque au moment de la clôture ou de la reprise.
- Pour les PEL ouverts à partir de 2018, les intérêts générés chaque année sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
- Pour les plans ouverts avant 2018, les intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’au douzième anniversaire du plan, seuls les prélèvements sociaux restant dus.
Démarches bancaires : quelles pièces fournir à la banque ?
Dès le décès du titulaire, les proches doivent prévenir l’agence bancaire détentrice du PEL. La banque procède au blocage temporaire du compte dans l’attente du règlement de la succession.
Pour débloquer les fonds ou formaliser la reprise du contrat, les pièces justificatives suivantes sont indispensables :
- Une copie intégrale de l’acte de décès délivrée par la mairie.
- L’acte de notoriété rédigé par le notaire, qui établit la liste officielle des héritiers et leurs parts respectives dans la succession.
- L’intitulé d’inventaire ou le certificat de dévolution successorale délivré par l’officier ministériel.
- En cas de reprise du PEL : une convention de transfert signée par l’ensemble des héritiers donnant mandat au repreneur, accompagnée de l’engagement de versement régulier signé par ce dernier.
- En cas de clôture : les relevés d’identité bancaire (RIB) de chaque bénéficiaire ou le compte ouvert au nom de l’étude notariale pour la répartition globale des fonds.
Estimer les frais de succession et l’intervention du notaire
Pour les donations et les successions, nous vous conseillons de vous renseigner précisément sur les frais de notaire et la fiscalité successorale, car ces montants peuvent varier sensiblement selon la composition du patrimoine et l’existence d’un testament.
C’est pour cette raison qu’anticiper la transmission de son épargne permet d’éviter les surcoûts et les démarches contentieuses entre cohéritiers. Pour vous repérer facilement dans ces montants, vous pouvez vous appuyer sur des outils de calcul en ligne spécialisés : pour une succession, nul besoin d’être un spécialiste du droit pour évaluer rapidement l’impact financier des actes notariés.
- L’estimation s’effectue en quelques clics en renseignant la nature des actifs mobiliers ou immobiliers et leur montant global.
- Dans le cadre d’un PEL, faire valider les modalités de reprise par un notaire garantit que l’attribution du contrat ne déséquilibre pas les parts réservataires des cohéritiers.
- Le règlement d’une succession représente déjà une épreuve pour les familles qui doivent faire face au deuil d’un proche.
- Éclaircir rapidement les aspects financiers et administratifs assure un partage serein et conforme à la réglementation bancaire.
Testez vos connaissances sur le PEL en succession
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Un héritier peut-il reprendre un PEL ayant dépassé 10 ans d'existence au moment du décès ?
- Oui, à condition de verser immédiatement une soulte aux autres cohéritiers.
- Non, un PEL de plus de 10 ans est arrivé à terme et doit obligatoirement être clôturé.
- Oui, si le défunt l'avait expressément mentionné dans un testament.
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Non, un PEL de plus de 10 ans est arrivé à terme et doit obligatoirement être clôturé.
Un plan échu de plus de 10 ans ne permet plus aucun versement périodique, ce qui empêche légalement toute reprise de contrat par un ayant droit.
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Quel délai les héritiers ont-ils pour utiliser les droits à prêt après la clôture du PEL ?
- 6 mois à compter du décès du titulaire.
- 1 an à compter de la clôture du plan par la banque.
- 3 ans à compter du règlement définitif de la succession.
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1 an à compter de la clôture du plan par la banque.
La réglementation bancaire accorde un délai strict d'un an après la résiliation du contrat pour mobiliser les droits à prêt épargne logement.
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Un repreneur a-t-il le droit de conserver son propre PEL s'il hérite de celui d'un proche ?
- Non, le principe d'unicité bancaire oblige à clôturer l'un des deux plans.
- Oui, la transmission successorale constitue une exception autorisant la détention de deux PEL.
- Oui, uniquement si le cumul des deux soldes reste sous le plafond de 61 200 euros.
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Oui, la transmission successorale constitue une exception autorisant la détention de deux PEL.
La loi prévoit une dérogation explicite au principe d'unicité lorsqu'un souscripteur reçoit un second PEL par voie de succession.




