L'essentiel en bref
- Le livret de développement durable et solidaire (LDDS) est un compte d'épargne réglementée garanti par l'État et totalement défiscalisé.
- Le plafond maximal des versements autorisés est fixé à 12 000 euros par titulaire, hors capitalisation des intérêts annuels.
- La rémunération suit fidèlement le taux du Livret A avec un calcul des intérêts par quinzaines et une inscription au compte au 31 décembre.
- Les retraits et les dépôts restent libres et sans frais à tout moment, sous réserve de maintenir un solde créditeur.
- La souscription est strictement réservée aux personnes majeures domiciliées fiscalement en France, dans la limite de deux livrets par foyer fiscal.
- Le cumul d'un LDDS et d'un Livret A permet de porter à 34 950 euros le total d'épargne sans risque exonéré d'impôt sur le revenu.
Le livret de développement durable et solidaire (LDDS), héritier direct du CODEVI, figure parmi les supports d’épargne réglementée les plus populaires en France. Alliant sécurité absolue du capital, disponibilité totale des sommes déposées et exonération fiscale intégrale, ce compte sur livret permet d’orienter une partie de ses liquidités vers le financement des PME, de la transition énergétique et de l’économie sociale et solidaire.
En bref : les caractéristiques clés du LDDS
Le fonctionnement du LDDS repose sur des règles communes fixées par les pouvoirs publics afin de garantir une gestion sans risque :
- Rémunération : taux fixé par l’État, strictement identique à celui du Livret A.
- Plafond de versement : 12 000 euros (hors capitalisation des intérêts annuels).
- Fiscalité : exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
- Disponibilité : retraits et versements libres à tout instant sans pénalité.
- Détention : une seule ouverture autorisée par personne contribuable, dans la limite de deux livrets par foyer fiscal.
De la création du CODEVI au LDDS : repères historiques
Créé à l’origine en 1983 sous le nom de compte pour le développement industriel (CODEVI), ce livret visait initialement à mobiliser l’épargne des particuliers au profit de la modernisation et de la compétitivité du tissu industriel national. Les établissements bancaires canalisaient alors cette ressource vers le financement de prêts préférentiels destinés aux entreprises du secteur productif.
Au 1er janvier 2007, le CODEVI a été transformé en livret de développement durable (LDD). Cette évolution s’est accompagnée d’un élargissement des missions du produit vers la transition écologique : les fonds collectés ont commencé à financer des travaux d’économies d’énergie dans les logements anciens et la rénovation des bâtiments respectant les critères environnementaux.
Une nouvelle étape a été franchie avec la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique votée fin 2016, effective dès 2017. Le placement est alors devenu le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), intégrant la faculté d’attribuer une fraction de ses capitaux sous forme de don à des structures agréées de l’économie sociale et solidaire.
Taux de rémunération et calcul des intérêts
Le taux du LDDS s’aligne rigoureusement sur celui du Livret A et ses intérêts sont calculés par quinzaines avant d’être versés au 31 décembre de chaque année.
La rentabilité du LDDS est calquée sur la formule de calcul du Livret A, arrêtée conjointement par le ministère de l’Économie et la Banque de France selon l’évolution de l’inflation et des taux interbancaires. Pour consulter le rendement en vigueur et suivre ses révisions semestrielles, il convient de se référer aux barèmes officiels sur la page dédiée au taux du LDD.
La production des gains repose sur la méthode historique de la règle des quinzaines. Les dépôts enregistrés entre le 1er et le 15 du mois produisent des intérêts à partir du 16 du même mois, tandis que les versements effectués entre le 16 et le dernier jour du mois ne génèrent de rendement qu’à compter du 1er du mois suivant. À l’inverse, tout retrait arrête de produire des intérêts dès la fin de la quinzaine précédente. Le mécanisme complet est détaillé dans le guide expliquant comment s’opère le calcul des intérêts du LDD.
Les intérêts acquis au fil des mois s’accumulent tout au long de l’année civile. Ils sont crédités en une seule fois au 31 décembre sur le compte et s’ajoutent au solde existant pour devenir à leur tour générateurs d’intérêts l’année suivante.
Plafond de versement et capitalisation des intérêts
Le plafond légal de versement s’élève à 12 000 euros, mais la capitalisation annuelle des intérêts permet de dépasser ce montant sans obligation de retrait.
Le montant maximal qu’un titulaire a le droit de verser sur un LDDS est fixé par voie réglementaire à 12 000 euros. Tous les dépôts cumulés doivent respecter cette limite supérieure, sous peine de refus de l’opération par l’établissement teneur de compte.
La capitalisation des intérêts annuels constitue la seule dérogation permettant de dépasser le plafond légal de 12 000 euros. Lorsque les intérêts sont inscrits au compte au 31 décembre, le solde global peut légalement franchir ce seuil sans que l’épargnant ne soit contraint d’effectuer un retrait d’ajustement. De plus amples précisions sur les paliers applicables sont consultables sur l’analyse consacrée au plafond du LDD. Faut-il pour autant remplir son livret jusqu’au plafond ? Les analyses publiées sur ce site spécialisé sur les finances personnelles montrent que ce n’est pas toujours la meilleure option face à l’inflation.
Conditions d’ouverture et fonctionnement au quotidien
Toute personne majeure ayant son domicile fiscal en France peut souscrire un LDDS auprès de l’établissement bancaire de son choix. Les mineurs émancipés ou disposant de revenus personnels distincts de ceux de leurs parents peuvent également en détenir un, dans la limite stricte de deux livrets pour un même foyer fiscal (un par conjoint ou partenaire lié par un PACS).
La gestion du livret offre une totale liquidité grâce à des retraits et dépôts libres à tout moment. L’ouverture initiale exige le versement d’un montant minimal généralement fixé à 15 euros selon les règlements intérieurs bancaires. Le solde du compte ne doit jamais être débiteur.
Le LDDS peut se cumuler avec d’autres formules d’épargne réglementée ou contractuelle détenues au sein du même établissement ou d’une autre enseigne :
- Le Livret A ou Livret Bleu ;
- Le Livret d’Épargne Populaire (LEP), sous condition d’éligibilité de ressources ;
- Le Livret B ou tout autre compte d’épargne ordinaire fiscalisé ;
- Un Plan d’Épargne Logement (PEL) ou Compte Épargne Logement (CEL).
Une fiscalité totalement exonérée
Les intérêts produits par le LDDS sont intégralement exonérés d’impôt sur le revenu ainsi que de prélèvements sociaux. Contrairement aux comptes sur livret ordinaires soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou barème progressif, le gain perçu sur ce placement correspond exactement au gain net disponible. Il partage cette exonération avec le Livret A et le Livret Jeune.
Cette franchise fiscale totale dispense le contribuable de reporter les intérêts du LDDS dans son revenu imposable au titre de la déclaration annuelle. Cette caractéristique renforce son attrait pour la constitution d’une épargne de précaution sans impact sur le taux moyen d’imposition du foyer.
Le volet solidaire : soutien et dons à l’ESS
Depuis la réforme consacrant la dimension solidaire du produit, les banques gestionnaires ont l’obligation légale de présenter chaque année à leurs clients détenteurs une liste d’entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS). Il peut s’agir d’associations humanitaires, de mutuelles, de coopératives ou de fondations d’intérêt général.
Chaque épargnant dispose de la faculté de consentir un don direct prélevé sur les fonds de son LDDS au bénéfice de ces entités. Le versement d’un don solidaire permet de bénéficier de la réduction d’impôt afférente aux dons aux œuvres (66 % ou 75 % de la somme allouée, selon la qualification de l’organisme bénéficiaire), sous réserve de la délivrance d’un reçu fiscal en bonne et due forme.
Comparatif détaillé : LDDS ou Livret A ?
En cumulant un Livret A et un LDDS, un épargnant peut placer jusqu’à 34 950 euros d’épargne de précaution totalement disponible et exonérée d’impôt.
Bien que le LDDS et le Livret A partagent le même mode d’indexation du taux et la même neutralité fiscale, leurs paramètres de gestion présentent des spécificités complémentaires :
| Critère | Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) | Livret A |
|---|---|---|
| Plafond de versement | 12 000 € (hors intérêts) | 22 950 € (hors intérêts) |
| Taux de rémunération | Fixé par l’État (identique au Livret A) | Fixé par l’État (identique au LDDS) |
| Fiscalité | Exonération d’impôt et de prélèvements sociaux | Exonération d’impôt et de prélèvements sociaux |
| Condition d’ouverture | Majeur domicilié fiscalement en France | Toute personne physique (majeure ou mineure) |
| Limite par foyer | Maximum 2 par foyer fiscal | Pas de limite par foyer (1 par personne) |
| Volet solidaire | Dispositif annuel de dons aux structures de l’ESS | Non prévu par le fonctionnement standard |
| Affectation des encours | PME, rénovation énergétique, ESS | Logement social, renouvellement urbain |
L’association d’un Livret A et d’un LDDS permet de porter l’épargne réglementée défiscalisée à un total de 34 950 euros par individu. Cette combinaison forme le socle d’une gestion financière prudente, mobilisable sans délai face aux imprévus du quotidien.
Vérifier ses connaissances
Quel est le montant maximal des versements autorisés sur un LDDS ?
- 12 000 euros
- 15 000 euros
- 22 950 euros
- 34 950 euros
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12 000 euros
Le plafond légal de versement sur un LDDS est fixé à 12 000 euros, seuls les intérêts capitalisés pouvant faire dépasser ce montant.
À quel rythme les intérêts du LDDS sont-ils calculés selon la méthode réglementaire ?
- Au jour le jour
- Par quinzaine
- Chaque mois
- Une fois par an au 31 décembre
Afficher la réponse
Par quinzaine
Les intérêts sont calculés selon la règle des quinzaines avant d'être inscrits en une seule fois sur le compte au 31 décembre.
Combien de livrets de développement durable et solidaire un même foyer fiscal peut-il détenir au maximum ?
- Un seul livret
- Deux livrets
- Un livret par personne du foyer y compris les enfants
- Aucune limite
Afficher la réponse
Deux livrets
La loi limite la détention à un livret par personne majeure imposable, soit au maximum deux livrets pour un même foyer fiscal.
Quelle est la fiscalité applicable aux gains générés par un LDDS ?
- Le prélèvement forfaitaire unique de 30 %
- Les prélèvements sociaux de 17,2 % uniquement
- L'exonération totale d'impôt et de prélèvements sociaux
- L'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu
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L'exonération totale d'impôt et de prélèvements sociaux
Les intérêts produits par le LDDS bénéficient d'une exonération fiscale intégrale, sans impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux.




